LE CANCER AU-DELA DU SEIN…

L’annonce

Comme pour tout diagnostic grave; savoir qu’on va être malade crée un choc. On se retrouve face à l’éventualité de la mort parce qu’on sait que les chances de survie sont faibles. Ainsi, le cancer du sein comme toutes les autres maladies graves, va avoir des répercussions sur le plan physique, sur la vie sociale; sur le plan psychologique, en fonction de la personnalité, de l’âge, de l’histoire de la personne et du contexte dans lequel arrive la nouvelle.

En d’autres termes, cela veut dire que l’on soit une jeune fille de 30 ans, une femme de 45 ans ou 60 ans; on ne reçoit pas l’annonce de la même façon. On peut donc observer du déni, le refus d’accepter la réalité, de l’angoisse face à la suite. En fonction du stade, on va se poser des questions: comment est-ce que ça va se passer? Est-ce-que je pourrai payer mon traitement ? Est-ce que je pourrais supporter la douleur? Qu’est-ce qu’on va dire de moi? Comment est-ce que mon mari va me voir dorénavant? Est-ce que je vais me faire opérer ? Perdre un de mes seins? Est-ce que je vais pouvoir survivre à cette maladie? Tout ceci parce que le sein est un symbole de féminité, de maternité et un atout pour la sensualité.

Après cette étape, il y a beaucoup de stress, d’anxiété dans un contexte socioéconomique difficile où le coût du traitement, des éventuelles opérations est souvent élevé, couplé à la possibilité de la mort qui est suspendue comme une épée de Damoclès au dessus de la tête de la personne concernée.

L’impact sur la vie d’après…

Tout ceci aura finalement un impact sur l’équilibre, sur la libido dans un couple, sur l’image du corps et on peut même observer une sorte de désamour pour ce corps parce que ce corps va changer dans le traitement. On va perdre du poids, on peut perdre ses cheveux; on peut perdre un sein ou les deux… Et parfois, on se sent impuissant face au traitement qui semble nous faire plus de mal que de bien. On peut donc s’isoler, se replier sur soi, être irritable et même faire une dépression.

Après le traitement, lorsqu’on a pu survivre et même avoir une rémission, on se sent mieux; mais on a une certaine angoisse qui reste, celle qui est liée à la peur de la récidive. On a peur de retomber malade à nouveau: on devient hyper vigilant au moindre signe, au moindre changement de température; ce qui au final est assez pesant psychologiquement.

Quand on a subi une mastectomie, il y a un autre challenge: on doit accepter ce nouveau corps, faire le deuil de l’image qu’on avait avant pour se réapproprier la nouvelle; apprendre à aimer ce nouveau corps sans se réduire à cette partie de nous qui n’existera plus.

En plus de cela, on observe une sorte de confusion parce que jusque là, on avait vécu un peu en suspens. On a appris qu’on avait un cancer dont l’issue était incertaine; ce qui nous a poussé à mettre pleins de choses entre parenthèses; et au final, on est toujours là, un peu surpris.e d’être encore en vie! Se demandant si on peut à nouveau rêver, poursuivre le projet sur lequel on avait commencé à travailler, se demandant si notre santé va nous permettre de le réaliser, d’avoir à nouveau une vie de couple « normale », si on pourra encore se sentir désirable? Autant de questions…

L’importance du soutien psychologique…

C’est pour toutes ces raisons que les personnes qui luttent contre cette maladie ont besoin de soutien psychologique; parce que c’est une épreuve d’endurance. Ce soutien peut donc se présenter sous plusieurs formes:

  • des informations claires et précises par rapport à la maladie, qui vont réduire l’anxiété, permettre d’être préparé, d’anticiper et de mieux y faire face, ne dit-on pas que l’information c’est le pouvoir?
  • des explications à chaque étape; de l’annonce en passant par le traitement jusqu’à la rémission; pour que la personne sache qu’il y a certaines choses (changements d’humeur, troubles physiologiques) qui vont arriver qui seront normales. Cela permettra à la personne de mieux vivre ces moments là.
  • l’accès à un soutien psychologique pour verbaliser son vécu de la maladie et renforcer ses ressources personnelles.
  • intégrer l’entourage proche du malade dans son suivi pour créer un réseau de soutien efficace dans son quotidien.
  • participer à des groupes de parole et de soutien avec des personnes et des familles qui traversent le même épreuve pour favoriser le partage d’expérience, le soutien et la résilience.
  • avoir des activités qui aident à reconstruire une image positive de ce nouveau corps: danse, sport, défilé de mode, séances photos/make up, tatouages pour certains pour redonner un autre sens à cette cicatrise qui a été imposée par la maladie, participer à une marche rose…
  • être présent pour la personne, aller à son rythme et prendre avec beaucoup de patience et de réalisme ce qu’elle peut nous donner chaque jour parce que cela reste un combat.

Beaucoup de courage, prenez soin de vous, Samuella Mon Psy Online.

Tags: cancer du sein, psychologie, soutien psychologique, santé mentale,

Crédits photosUnsplash, Pexels

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Je suis une Psychologue basée à Douala au Cameroun et je réponds au +237 679972937. Cliquez ici pour me retrouver sur Whatsapp : wa.me/237679972937.

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